Zoom sur le Club de Saint Médard en Jalles

Le 02/03/2017
Interview de Nicolas MONJALET, jeune président du club de Saint Médard en Jalles.

Depuis quand es-tu président du club de Saint Médard en Jalles ?
"Depuis le mois de juin, c’est tout nouveau pour moi."


Pourquoi être devenu Président d’un club de Volley-Ball alors que ton sport d’origine est le football ?
"Les croisés (sourire), la blessure de guerre du footballeur. Le sport c’est malheureusement fini pour moi. Une des filles qui est sénior à St Médard travaille dans un centre de rééducation. On a sympathisé. L’équipe venait juste de monter en régional et il y avait des obligations de marqueur. Dans la mesure où le terrain c’est fini pour moi, et travaillant à la ligue d’Aquitaine de football, je ne peux pas être dans un club de football. Pas envie d’être juge et partie. Le Volley étant un sport que j’ai toujours apprécié, même si je ne suis pas un fin connaisseur, si besoin je veux bien essayer et on verra ce que cela donnera.Je suis donc entré au club à la marque, où j’ai eu la chance d’être bien formé par des clubs qui nous ont aidés (St Jean d’Illac et l’AGJA Caudéran notamment). ils sont venus m’apprendre la marque et cela m’a permis de valider plus facilement la formation au niveau du Comité.Il faut savoir que St Médard a eu un Président qui est resté très longtemps, qui a fait beaucoup de choses et qui a été muté professionnellement. Donc l’an dernier c’est une des séniors Elodie Beziat qui a prit la présidence. Dès le mois de janvier elle nous a informe qu’elle ne souhaitait pas continuer.Donc qui pour prendre le poste ?  Elle m’a dit :  « toi si tu veux fonce ». Sur le principe pourquoi pas ? Mais étant nouveau dans le club et dans le vollet, je ne pensais pas être le plus légitime pour prendre ce poste. Dans la mesure où personne n’était très chaud, elle m’a dit de pas me prendre la tête.Le gros avantage d’acter ça dès le mois de janvier, c’est que j’ai pu connaître les membres du Bureau, et être impliqué dans la gestion très tôt. Par exemple, dès qu’Elodie envoyait un email au Comité ou à la Ligue j’étais en copie. Au moment de ma prise de fonction,  j’avais déjà gagné 6 mois au niveau des informations.Donc voilà comment, par le biais de plusieurs éléments, l’on se retrouve président d’un club de Volley-Ball."


Quel est le projet du club ?
"Aujourd’hui quand tu regardes l’organigramme d’un club, tu as souvent, les séniors en haut et tu déclines vers les plus jeunes. Pour moi l’organigramme c’est plus une bulle : tu as un bureau avec un organe technique et toutes les équipes gravitent autour. En ce qui me concerne, il n’y a pas de hiérarchie entre les différents coachs et les différentes équipes. L’éducateur en charge des M15 ou des M11 est aussi important que celui des Séniors. Chez les jeunes, il faut passer par l’apprentissage des bons gestes, des bons réflexes, des bonnes attitudes. C’est là où il ne faut pas se louper, parce qu’après le travail de déconstruction et reconstruction du geste est beaucoup plus difficile.Le projet du club s’inscrit aujourd’hui dans une réflexion transversale pour essayer de dire à un enfant qui rentre dans le club qu’il peut s’inscrire dans le temps, et qu’il y a une cohérence d’une catégorie à une autre. On essaie par exemple d’intégrer petit à petit les meilleurs ou les plus âgés d’une catégorie à celle au-dessus. Cela permet de préparer la saison prochaine en douceur et d’éviter des déconvenues en cas d’écart de niveau trop important entre deux catégories. .Plus que le niveau de pratique, l’important est d’essayer de pérenniser une équipe pour chaque catégorie. L’obtention du Label « Club Formateur Futur » au mois de décembre est une première pour le club. Cela veut dire aussi que l’on travaille dans le bon sens. C’est très encourageant pour nous, car cela veut dire que nous devenons crédibles vis-à-vis de l’extérieur."

   

Pour demain, quelle est la marge de progression d’un club tel que celui de St-Médard ?
"Aujourd’hui nous avons mis en place une page Facebook et un site institutionnel devrait suivre dans les prochaines semaines. On essaie de faire exister à l’extérieur. C’est nouveau pour St-MédardJusqu’à présent, les gens venaient nous voir au forum des associations, ou par le bouche à oreille,  mais c’est du bricolage. L’objectif est d’avoir un rayonnement plus important dans notre environnement. Etre mieux connu et reconnu par les instances sportives, l’omnisport, nos élus. En un mot, être crédibles. La démarche de labellisation va dans ce sens. On n’est pas dans une politique de performance mais plutôt dans une logique d’apprentissage dans une ambiance sereine et détendue. Nous n’avons de toute façon pas les structures pour multiplier les entrainements.  On n’a pas vocation à aller concurrencer les gros clubs formateurs autour de nous. Ce sont des clubs qui sont au dessus de nous de part leur structure, leur histoire, leurs moyens. L’erreur pour nous serait de faire ce que font déjà très bien ces clubs là. L’idée c’est de progresser sans se renier."


Justement, quelles sont les valeurs du club, l’ambiance, l’atmosphère ?
"L’ambiance est familiale, sans prise de tête. Nous ne sommes pas dénués d’ambition pour autant. Mais la priorité est de structurer le club, et de faire partager notre sport à nos jeunes. C’est la transmission d’une certaine éducation par le biais du volley. Chaleur et convivialité sont les maîtres mots."
 

D’un point de vue sportif, Saint Médard à réalisé l’an passé un parcours exceptionnel en Coupe de France, que penses tu de cette compétition ?
"Je pense que l’on se trompe sur la façon dont on aborde la Coupe de France, on l’aborde comme une compétition élitiste alors que par définition tu auras toujours une élite qui se dégagera au fil des tours. De manière naturelle.Pourquoi obliger les gamins à faire absolument de l’élite en cas d’engagement en Coupe de France Jeunes, alors que pour certains ça sera la seule et unique chance de faire une compétition de ce niveau. C’est l’occasion de voir autre chose, de récompenser les jeunes, c’est une fête.C’est cette universalité qui fait le succès de la Coupe de France de Football par exemple. Que tu sois professionnel ou joueur du dimanche, tu peux la jouer et te rencontrer. Quand tu entres sur le terrain, tu joues avec tout ce que cela comporte. Du coup, au niveau du Volley, on passe vraiment à côté de quelque chose.L’an passé notre groupe M13 à fait 5 tours, c’est énorme pour un club comme le notre. C’est des souvenirs extraordinaires  pour nos gamins, ils sont allés jusqu’à Nantes. On a cimenté l’équipe  et les parents autour de ça. Pour un club, ça n’a pas de prix."


Depuis peu, Alexiane ANDRAUD accompagne le club dans divers projets , comme volontaire en service civique. Peux-tu nous réaliser un premier bilan sur cette aide ?
"Déjà, il faut remercier la Ligue pour cette démarche, et pour la confiance qui a été accordée à notre projet. Alexiane est une joueuse formée au club. Pour le Bureau, il était naturel de l’y associer. Elle travaille à la mise en place d’une pratique du Volley Assis qui nous souhaitons mettre en place la saison prochaine. Avec cette volonté d’encrer le club dans une démarche citoyenne, de sport santé. De permettre au plus grand nombre de connaitre et de pratiquer notre sport. Alexiane est très impliquée dans ce projet et dans la vie du club. Régulièrement, elle se rend à la Ligue pour travailler sur la mise en place de ce projet. On reste dans une volonté de collaboration avec les instances et sur une pratique du volley ouverte à tous. Le premier bilan est donc positif, puisque la Ligue est partie prenante du projet. C’est rassurant pour nous, et ça nous fait gagner beaucoup de temps."